Insomnie et somatopathie : quand le corps a du mal à ralentir

La journée est terminée. Vous êtes fatigué, vous aimeriez dormir… mais au moment de vous coucher, impossible de décrocher.
Les pensées continuent, le corps semble encore en tension, l'endormissement prend du temps. Pour d'autres, le sommeil arrive facilement mais les réveils se multiplient au cours de la nuit.
Les difficultés de sommeil peuvent prendre des formes très différentes et avoir de nombreuses origines.
Dans ce contexte, la somatopathie ne prétend pas « traiter l'insomnie ». Elle peut en revanche proposer un temps d'écoute et de travail corporel, notamment lorsque stress, tensions ou difficulté à relâcher semblent accompagner les nuits compliquées.
Quand dormir devient difficile
Une période de sommeil perturbé peut apparaître ponctuellement : changement de rythme, préoccupations, période professionnelle intense, événement personnel, douleur, voyage…
Mais elle peut aussi s'installer progressivement.
On peut alors ressentir :
des difficultés à s'endormir ;
des réveils nocturnes fréquents ;
un réveil très tôt le matin ;
la sensation de ne jamais vraiment récupérer ;
une fatigue dans la journée ;
davantage d'irritabilité ou de difficultés à se concentrer.
Le sommeil dépend de nombreux mécanismes. Il serait donc réducteur de chercher une cause unique à des nuits difficiles.
Pourquoi est-il parfois si difficile de relâcher le soir ?
Certaines personnes décrivent quelque chose de très particulier :
elles sont épuisées… mais leur corps ne semble pas l'être.
La journée a été remplie, les sollicitations se sont enchaînées et, une fois au calme, tout ce qui n'avait pas trouvé de place pendant la journée semble refaire surface.
Les épaules restent contractées.
La mâchoire est serrée.
Le souffle est court.
Les pensées continuent de tourner.
Cela ne signifie pas que ces tensions sont nécessairement la cause de l'insomnie. Mais elles peuvent faire partie de ce que la personne ressent au moment où elle cherche justement à ralentir.
Quelle place pour la somatopathie ?
La somatopathie est une approche manuelle douce issue de la Méthode Poyet.
Lors d'une séance, je m'intéresse à la personne dans son ensemble : ce qui l'amène, les tensions corporelles qu'elle ressent, son rythme de vie et ce qu'elle traverse actuellement.
Le travail se fait à travers un toucher léger, sans manipulation brusque.
Lorsque le sommeil est perturbé, l'objectif n'est pas de chercher « le point responsable de l'insomnie ».
Il s'agit plutôt d'observer le corps dans sa globalité et de travailler avec douceur sur les zones de tension présentes au moment de la séance.
Pour certaines personnes, ce temps peut également être l'occasion de ralentir et de remettre un peu d'attention sur leurs sensations corporelles.
Le sommeil ne se résume pas à une bonne routine
Lorsque l'on dort mal, les conseils ne manquent pas :
« Arrête les écrans. »
« Couche-toi plus tôt. »
« Fais de la méditation. »
« Ne pense plus à rien. »
Ces habitudes peuvent évidemment avoir leur importance. Mais quand les difficultés persistent, entendre une nouvelle liste de choses à faire peut parfois devenir une pression supplémentaire.
Il n'est pas nécessaire de rechercher une routine parfaite.
Quelques repères simples peuvent néanmoins soutenir le rythme veille-sommeil :
conserver des horaires relativement réguliers ;
s'exposer à la lumière naturelle dans la journée, notamment le matin ;
limiter les excitants en fin de journée ;
créer une transition entre la journée et le coucher ;
garder une chambre calme, sombre et confortable ;
éviter autant que possible de transformer le moment du coucher en objectif de performance.
Et surtout : une mauvaise nuit n'annonce pas forcément la suivante.
Quand le mental s'invite au moment du coucher
« Il faut absolument que je dorme. »
« Demain je vais être épuisé. »
« Pourquoi est-ce que je n'arrive toujours pas à m'endormir ? »
Plus on surveille son sommeil, plus celui-ci peut parfois devenir une préoccupation.
Le coucher, qui devrait être un moment de repos, peut alors devenir une période d'anticipation.
Dans ces moments-là, revenir simplement aux sensations corporelles peut parfois aider à sortir quelques instants de cette lutte : sentir le poids du corps dans le lit, observer sa respiration sans chercher à la modifier ou relâcher progressivement les zones que l'on sent contractées.
Pas pour « provoquer » le sommeil.
Simplement pour arrêter, quelques minutes, d'essayer de le contrôler.
Et lorsque les troubles du sommeil persistent ?
Un sommeil perturbé peut également être associé à une douleur, un trouble respiratoire, certains médicaments, une période d'anxiété ou de dépression, des variations hormonales ou différentes pathologies.
Lorsque les difficultés sont importantes, durent dans le temps ou ont des répercussions importantes dans la journée, un avis médical est recommandé afin d'en rechercher les causes possibles.
Des prises en charge spécifiques de l'insomnie existent également.
La somatopathie vient alors éventuellement en complément, et non en remplacement d'un suivi médical lorsque celui-ci est nécessaire.
Retrouver une relation plus douce avec ses nuits
Parfois, le premier changement n'est pas immédiatement de « mieux dormir ».
C'est peut-être simplement de commencer à moins lutter avec son sommeil.
Observer ce qui se passe dans son corps.
Comprendre ce qui maintient les journées à un rythme soutenu.
Créer davantage de transitions.
Et s'accorder un moment où il n'y a plus rien à réussir.
La somatopathie peut trouver sa place dans cette démarche : un accompagnement manuel doux autour des tensions corporelles et de ce que chacun ressent à cette période de sa vie.
Sans promesse de sommeil parfait.
Mais avec davantage d'écoute accordée au corps.
Manon Drion — Somatopathe à Vannes