Coliques et reflux du bébé : quelle place pour la somatopathie ?

27/08/2026

Pleurs en fin de journée, ventre qui semble inconfortable, bébé qui se tortille après les repas, régurgitations fréquentes…

Les premières semaines avec un bébé peuvent parfois être déroutantes.

Lorsqu'il pleure beaucoup ou semble inconfortable, il est naturel de chercher à comprendre ce qui le gêne et surtout de vouloir l'aider.

Pourtant, chez le nourrisson, les pleurs, les régurgitations et les inconforts digestifs peuvent avoir de nombreuses explications. Il n'est pas toujours possible — ni nécessaire — d'en trouver une cause unique.

La somatopathie peut alors s'inscrire comme une approche manuelle complémentaire, douce et adaptée au tout-petit, sans se substituer au suivi médical ou pédiatrique.

Les régurgitations sont très fréquentes chez le bébé

Voir son bébé régurgiter après une tétée ou un biberon peut être impressionnant.

Pourtant, durant les premiers mois, les régurgitations sont extrêmement fréquentes.

Le système digestif du nourrisson est encore immature et le mécanisme qui empêche le contenu de l'estomac de remonter vers l'œsophage n'est pas encore complètement développé.

Lorsque bébé grandit normalement, mange bien et ne semble pas particulièrement gêné, ces régurgitations sont le plus souvent physiologiques et tendent à diminuer progressivement avec l'âge.

Tous les reflux ne sont donc pas synonymes de maladie.

Et les « coliques » ?

Le mot « coliques » est souvent utilisé pour désigner des périodes durant lesquelles un bébé pleure beaucoup, se tortille, replie ses jambes ou semble difficile à apaiser.

Ces épisodes surviennent fréquemment durant les premières semaines de vie, notamment en fin de journée.

Et ils peuvent être très éprouvants pour les parents.

Mais les pleurs du nourrisson sont complexes.

Ils ne signifient pas nécessairement que bébé souffre de son ventre et les pleurs et les régurgitations ne sont pas forcément liés entre eux.

Un bébé peut aussi pleurer parce qu'il est fatigué, qu'il a besoin d'être contenu, qu'il a faim, qu'il est trop stimulé… ou simplement parce que les pleurs font partie de sa manière de communiquer à cet âge.

Parfois, malgré toutes les attentions, il pleure quand même.

Et cela ne signifie pas que ses parents font quelque chose de mal.

Quand on a l'impression d'avoir « tout essayé »

Changer de position.

Faire faire un rot.

Marcher avec bébé dans les bras.

Le bercer.

Tester différentes façons de lui donner le biberon ou le sein.

Demander conseil autour de soi…

Lorsque les pleurs se répètent, les parents peuvent rapidement se retrouver avec une multitude de recommandations différentes.

Dans ces moments-là, la priorité n'est pas forcément de trouver une explication supplémentaire, mais de vérifier que bébé va bien et d'être accompagné lorsque la situation devient difficile à vivre.

Un médecin, un pédiatre, une sage-femme ou un professionnel de PMI peut notamment aider à faire la différence entre des manifestations fréquentes chez le nourrisson et une situation nécessitant une prise en charge particulière.

Quelle place pour la somatopathie chez le bébé ?

La somatopathie est une approche manuelle douce issue de la Méthode Poyet.

Chez le nourrisson, le toucher est particulièrement léger et la séance s'adapte entièrement à son rythme.

Il ne s'agit pas de « remettre » son corps en place ni de chercher systématiquement un blocage responsable de ses pleurs ou de son reflux.

Lors de la séance, je m'intéresse plutôt au bébé dans sa globalité et aux tensions corporelles que l'on peut observer ou ressentir à ce moment-là.

La grossesse, l'accouchement et les premières semaines de vie représentent une période de changements considérables pour un tout-petit.

La séance peut donc simplement offrir un temps calme au cours duquel son corps est abordé avec beaucoup de douceur.

Comment se déroule une séance avec un bébé ?

Une séance commence toujours par un échange avec les parents.

Nous pouvons revenir sur :

  • la grossesse ;

  • l'accouchement ;

  • les premières semaines de vie ;

  • l'alimentation ;

  • le sommeil ;

  • les moments où bébé semble plus inconfortable ;

  • ce que les parents observent au quotidien.

Ces informations permettent avant tout de comprendre le contexte.

Le bébé peut rester dans les bras de son parent lorsque cela est nécessaire. Il peut téter, boire, être bercé ou faire une pause.

Il n'a rien à réussir pendant la séance.

Le travail manuel se fait ensuite avec des gestes très légers, adaptés à son âge et à sa disponibilité.

S'il a besoin de sa maman ou de son papa, nous nous adaptons.

Quelques gestes simples lorsque bébé régurgite

Pour les régurgitations simples, certaines habitudes peuvent parfois améliorer son confort.

Il peut être utile de :

  • respecter son rythme et sa sensation de faim ;

  • prévoir des pauses pendant la tétée ou le biberon ;

  • lui permettre de faire un rot lorsque cela semble nécessaire ;

  • le garder quelques instants en position verticale dans les bras après le repas.

Pour dormir, en revanche, un bébé doit être couché à plat sur le dos, même lorsqu'il régurgite. Il ne faut pas surélever son matelas ou utiliser de dispositif incliné sans indication médicale.

Et lorsque les difficultés persistent, mieux vaut demander conseil au professionnel qui suit votre enfant plutôt que multiplier seul les changements de lait, de quantité ou d'alimentation.

Quand faut-il consulter ?

Les régurgitations simples sont généralement sans gravité.

Cependant, certains signes nécessitent un avis médical, notamment lorsque bébé :

  • vomit régulièrement de manière très violente ou en jet ;

  • présente des vomissements verts ;

  • présente du sang dans ses vomissements ou régurgitations ;

  • refuse régulièrement de s'alimenter ;

  • ne prend pas suffisamment de poids ou présente une cassure de sa courbe de croissance ;

  • semble particulièrement abattu ou inhabituel ;

  • présente des symptômes qui inquiètent ses parents.

Et plus simplement : si quelque chose vous inquiète chez votre bébé, vous avez le droit de consulter.

Il n'est pas nécessaire d'attendre qu'un symptôme devienne important pour demander un avis.

Accompagner bébé… mais aussi ses parents

Les pleurs répétés d'un nourrisson peuvent être très éprouvants.

Fatigue, manque de sommeil, sentiment d'impuissance, inquiétude de ne pas comprendre ce dont son bébé a besoin…

Tout cela peut peser lourd pendant les premières semaines.

Il est important de rappeler qu'un bébé peut pleurer même lorsqu'il est entouré de parents attentifs.

Vous n'avez pas besoin de réussir à calmer chaque pleur.

Et lorsque la fatigue ou l'énervement devient trop important, il est préférable de poser bébé en sécurité dans son lit, sur le dos, et de demander de l'aide à un proche ou à un professionnel.

Prendre soin de celui qui prend soin du bébé compte aussi.

Observer sans tout interpréter

Lorsque bébé ne peut pas encore expliquer ce qu'il ressent, il est tentant de vouloir donner un sens à chaque manifestation.

Mais un pleur n'a pas toujours un message caché.

Une régurgitation n'est pas forcément la conséquence d'une tension particulière.

Et un bébé qui semble inconfortable n'a pas nécessairement quelque chose à « libérer ».

Mon approche consiste donc davantage à observer, écouter et accompagner avec douceur, tout en respectant ce que l'on sait — et ce que l'on ne peut pas savoir — de ce que ressent un tout-petit.

La somatopathie peut ainsi trouver sa place en complément du suivi habituel de bébé, dans une démarche attentive et sans promesse de résultat.

Manon Drion — Somatopathe à Vannes

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